lundi 18 décembre 2017

Comment Facebook utilise la ludification pour vous manipuler...

Qui ne connait pas Facebook, le réseau social au 2 milliards d'utilisateurs mensuel ? Mais saviez-vous que Facebook utilise des techniques de ludification (principes du jeu) pour manipuler ses utilisateurs ?

Le "J'aime" sur Facebook : une addiction !

Quand on partage une vidĂ©o, un article, une photo ou encore un GIF sur Facebook, c'est parce que nous voulons que notre publication soit vue par nos ami.e.s ! Le fameux "J'aime" a Ă©tĂ© le premier outil de ludification utilisĂ© par Facebook pour engager ses utilisateurs. D'un simple clic, vos ami.e.s vous disent s'ils aiment votre publication. C'est un mĂ©canisme de rĂ©compense pour celui qui publie et d'engagement pour celui qui "like". Or, on sait qu'une situation ressentie comme une rĂ©compense stimule notre taux de dopamine : neurotransmetteur de l'apprentissage et de la motivation (entre autres). D'ailleurs mĂȘme avant de publier quelque chose, votre taux de dopamine augmente, sachant que vous allez peut-ĂȘtre recevoir des "J'aime", synonymes de rĂ©compense pour le cerveau. Ainsi, dĂšs ses dĂ©buts, Facebook a compris que les mĂ©canismes du jeu pouvaient ĂȘtre utiles pour stimuler la motivation de ses utilisateurs. Chamath Palihapitiya, ancien cadre chez Facebook, affirme que le rĂ©seau social« fournit des boucles de rĂ©actions court-termistes conduites par la dopamine ». Sean Parker, le premier prĂ©sident de Facebook parlait lui aussi de « shots de dopamine ». En 2016, Facebook a poussĂ© plus loin son processus de ludification en crĂ©ant les "rĂ©actions" en plus du traditionnel "J'aime". Il y a dĂ©sormais les rĂ©actions suivantes qui sont disponibles, Ă  portĂ©e de clics : « J’adore », « Haha », « Wouah », « Triste », « Grrr ». Ces rĂ©actions sont en fait des Ă©moticĂŽnes (Emoji en japonais) qui permettent une palette d'expressions plus large que le simple "J'aime". Or, ces rĂ©actions permettent aussi aux annonceurs (propriĂ©taires des pages Facebook de marques etc...) d'en savoir plus sur leurs utilisateurs : ils savent dĂ©sormais jouer sur l'empathie de leurs clients ou futurs clients grĂące Ă  des informations plus fines liĂ©es Ă  ces rĂ©actions. Facebook qui revend les donnĂ©es de ses utilisateurs va pouvoir donc se faire aussi plus d'argent grĂące Ă  des fichiers clients beaucoup plus prĂ©cis qu'avant l'instauration des "rĂ©actions" sur le rĂ©seau social...

Facebook : le trésor des données personnelles : + 25 pts !


Mais Facebook ne s'est pas arrĂȘtĂ© lĂ  dans son processus de ludification, puisque mĂȘme la publicitĂ© est touchĂ©e par le phĂ©nomĂšne.

La publicitĂ© sur Facebook 

Lorsque vous partagez un post sur une page Facebook dont vous ĂȘtes le propriĂ©taire, on ne vous propose pas de faire de la publicitĂ© sur le rĂ©seau social mais plutĂŽt de "booster" votre publication. Ce terme empruntĂ© Ă  l'univers des jeux vidĂ©o est trĂšs utile en termes de marketing puisqu'il n'implique pas d'argent. On a comme l'impression que Facebook nous propose gratuitement de booster notre publication pour la faire connaĂźtre au plus grand nombre. Mais bien-sĂ»r ce n'est pas le cas ! Une fois que vous avez cliquĂ© sur "booster" vous ĂȘtes dirigĂ©.e vers un module de paiement en ligne. Le terme "booster" n'a rien de choquant en soit : Viralbooster l'utilise et  Ă  travers notre fonction "booster", nous vous proposons de booster votre page facebook ! Mais nous ne vendons pas de publicitĂ© Ă  travers l'utilisation de ce terme, ni ne revendons de donnĂ©es personnelles.  Facebook est donc un bon exemple des dĂ©rives capitalistes de la ludification. C'est pourquoi Viralbooster lui prĂ©fĂšre le concept de ludicisation plus large et plus complexe avec des applications possibles dans le domaine de l'Ă©ducation et des sciences notamment.

Arnaud Druot

Auteur et Ă©diteur

Arnaud Druot est le fondateur de Viralbooster. Spécialiste de la gamification(ludification), Arnaud est également rédacteur web.

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